La mort drapée de rouge

Armand, jeune vampire de deux siècles, déambule dans les rues pavées de Paris.
Il a plu quelques instants plus tôt et l’air est encore chargé d’humidité.
Les pas du démon résonnent sur les dalles mouillés de la ville.
Au loin, un clocher sonne cinq heures ; Paris endormit ne l’entend pas.
Des pigeons volent dans le ciel gris et tournoient au-dessus des toits des maisons.
Armand rejette en arrière ses longs cheveux bruns, ses yeux couleur d’une sombre nuit étincèlent.
À vingt pas devant lui, une adolescente aux courtes boucles blondes marche.
La jeune fille vêtue d’un ensemble en cuir rouge doit sûrement sortir d’une boîte.
Soudain, l’inconnue s’arrête et se baisse afin de refaire un de ses lacets défaits.
Déjà, le vampire est dans son dos.
Lorsque l’adolescente se relève, elle sent le souffle chaud du démon sur son corps.
Elle se retourne et ses lèvres colorées de rouge grimacent.
Armand ne l’en trouve pas moins charmante, il regarde ses yeux bleus teintés de peur, sa bouche entrouverte, il devine sous le T-shirt noir, la rondeur de ses seins, sa taille fine.
La jeune fille fait un pas en arrière, mais le vampire passant rapidement une main dans son dos la retient.
Il la serre contre lui et pose ses lèvres chaudes sur les siennes dans un geste plein de sensualité.
Puis, c’est le cou délicat de l’adolescente qu’il recouvre de baisers sanglants. Lorsque ses canines transpercent la peau, l’inconnue s’agrippe à son assassin pour ne pas chanceler.
Dans la rue, pour les rares passants ils ressemblent à un couple ivre de désir.
Peu à peu, alors que son sang est bu par Armand la victime perd vie.
Le tueur la pose doucement à terre et l’embrasse comme il l’aurait fait d’une amante.
D’une main fine, il trace le contour de la poitrine de la jeune fille et passe un doigt sur la morsure qu’il lui a infligée.
Puis enlevant la cape rouge qui recouvre ses épaules, il en drape la morte.
Après un dernier regard, il se relève et part.
Le vent qui s’est levé fouette la cape qui glisse jusqu’au cou de la victime.
On peut y voir deux petits trous d’où s’échappe un mince filet de sang.

Ode Colin ( https://www.toslog.com/les-pages-de-ode)

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